Pointage en entreprise : Ce que dit la loi camerounaise sur la collecte des données biométriques

Les pointeuses à empreinte digitale et à reconnaissance faciale permettent aux entreprises de suivre les heures d’arrivée et de départ de leurs employés. Mais ces équipements collectent des données personnelles qui nécessitent des précautions particulières.

1. Les empreintes digitales et les données faciales sont-elles protégées par la loi ?

Oui. Les données utilisées pour identifier une personne de manière unique à partir de ses caractéristiques physiques sont des données biométriques. Elles entrent dans le champ de la protection des données personnelles.

Lorsqu’une entreprise enregistre les empreintes de ses employés ou utilise la reconnaissance faciale pour gérer les présences, elle réalise un traitement de données personnelles soumis au cadre légal applicable.

2. L’entreprise doit-elle obtenir une autorisation avant de mettre en place une pointeuse biométrique ?

La loi n° 2024/017 prévoit, à son article 19, un régime d’autorisation préalable pour les traitements de données personnelles auprès de l’autorité compétente.

Une entreprise qui souhaite installer une pointeuse biométrique doit donc vérifier les formalités applicables à son dispositif avant de commencer la collecte. Il ne suffit pas d’acheter un lecteur et de l’installer dans les locaux.

Les exigences précises doivent être examinées au regard du traitement envisagé, de sa finalité et des dispositions légales applicables.

3. Les employés doivent-ils être informés de la collecte de leurs données ?

L’entreprise doit porter à la connaissance des employés les informations nécessaires sur le traitement de leurs données, notamment sa finalité et les conditions dans lesquelles elles sont utilisées.

Le consentement constitue l’une des bases légales prévues par la loi, sous réserve de ses conditions de validité. Il ne faut toutefois pas considérer qu’une simple signature du règlement intérieur autorise automatiquement tous les traitements biométriques.

L’employeur doit déterminer la base légale applicable, respecter les droits des personnes concernées et vérifier si des exigences supplémentaires s’imposent.

4. Comment protéger les données collectées par la pointeuse ?

Les informations biométriques doivent être protégées contre les accès non autorisés, la perte, la divulgation ou l’utilisation à des fins étrangères à celles annoncées.

Pour limiter les risques, l’entreprise devrait notamment :

  • Limiter l’accès aux données aux personnes habilitées.
  • Sécuriser les équipements, les logiciels et les sauvegardes.
  • Définir une durée de conservation adaptée à la finalité du traitement.
  • Éviter de collecter des informations qui ne sont pas nécessaires.
  • Vérifier les conditions de stockage et de transmission des données, notamment lorsque le fournisseur utilise un serveur distant.
  • Prévoir une procédure de gestion des incidents de sécurité.

A person uses a fingerprint scanner for secure entry in a business setting.

La loi prévoit également des obligations relatives à la sécurité et à la gestion des violations de données.

5. Comment concilier contrôle des présences et respect de la vie privée ?

Une pointeuse biométrique peut faciliter le suivi des horaires, la détection des retards et la préparation des rapports de présence. Cependant, l’objectif de contrôle du personnel ne dispense pas l’entreprise de respecter les règles relatives aux données personnelles.

Avant de choisir une solution, il est utile d’évaluer si la biométrie est nécessaire au regard des besoins réels de l’entreprise, de déterminer les données qui seront conservées et de vérifier les obligations administratives et techniques applicables.

Une solution de gestion des présences doit donc être choisie non seulement pour ses fonctionnalités, mais également pour les garanties qu’elle permet de mettre en place en matière de confidentialité et de sécurité.

Conclusion : contrôler les présences sans négliger les obligations légales

Au Cameroun, l’utilisation d’une pointeuse à empreinte ou à reconnaissance faciale doit être envisagée dans le respect de la loi n° 2024/017 sur la protection des données personnelles. Les entreprises doivent notamment vérifier les formalités préalables, informer les employés et protéger les informations collectées.

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